
J'ai rangé ma chambre, il y a pas longtemps, question de survie et d'honneur sauf.
J'ai retrouvé mes CD's.
Vous savez, ces objets ronds, brillants, emboités dans une pochette carrée, avec des jolis dessins dessus que nous glissions dans la langue mi mécanique mi électronique de notre chaine Hifi.
Dans ma pile, il y a pas mal de trucs bien nuls, que je n'ai dû écouter qu'une ou deux fois et que j'ai laissé prendre la poussière, sans remords ni regrets.
Il y a des compils de mes copines pour "danser dans ma roulotte" à l'époque où je vendais des glaces au bord du lac et des compils de papa pour pleurer à chaudes larmes à l'époque où j'avais uniquement besoin de purger mes glandes lacrymales.
Et il y a la BO de Trainspotting. L'orange, parce que la verte est clairement moins bien. Je l'avais piqué à mon père. Je devais avoir 12 ans. Je n'avais pas vu le film, le plus drôle c'est que je ne l'ai toujours pas vu.
OUI, FLAGELLEZ MOI SI CA VOUS CHANTE.
L'objet est cassé, le livret déchiré, le disque un peu rayé, il porte les marques de mon affection pour lui.
Un peu comme des suçons, des marques de dents ou des traces de griffures.
Des blessures d'amour.
Je me souviens que je n'écoutais que la 5, la 7, la 11 et la 13. D'ailleurs à partir de ça, je m'étais plus ou moins fabriquée une théorie selon laquelle ces chiffres seraient forcément les meilleures tracks sur tous les albums du monde entier.
Aujourd'hui, je me suis repassée la 5:
New Order - Temptation à fond, toute seule chez moi. J'ai essayé de me sentir comme à 12 ans lorsque je tournais le volume toujours un peu plus. Genre, j'étais libre, même si je révisais mes fractions et l'imparfait du subjonctif.
Mais c'est impossible. Saloperie de puberté.
A l'heure qu'il est, je l'écoute et je me sens divisée en 2. Mon corps bouge, mes yeux pleurent. Je secoue la tête en rythme et cela fait tomber des larmes, et je ne suis pas du tout triste pourtant. Je crois même que je suis heureuse.